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MH370 - Certitudes et hypotheses

Par WILLIAM REYMOND - 14 MARS 2014

A la fin d’une journée encore marquée par son lot de rumeurs, de nouvelles et de démentis, il me semble bon de faire le point sur les quelques certitudes que nous avons autour du mystère du vol MH370.

Et de détailler deux hypothèses populaires dans les milieux américains proches de l’enquête.

SATELLITE

Première certitude, la fin de la piste des images satellite chinoises qui donnaient à penser hier que le mystère touchait peut-être partiellement à sa fin.

Une conclusion en eau de boudin, puisque après une vérification infructueuse des lieux désignés par les clichés de surveillance, les autorités malaisiennes ont affirmé que selon l’ambassadeur chinois, Beijing s’était tout simplement trompé de photos!

Une curieuse excuse qui a du faire sourire du côté américain où, comme je vous le racontais hier, on n’a jamais donné beaucoup de crédit aux images chinoises.

Pourquoi? Pour citer une de mes sources dans le renseignement » parce que rien n’apparaissait sur nos propres images ».

Point intéressant et à garder en tête: la zone où le contact avec le vol MH370 a été rompu est fréquentée par de nombreux navires et surveillée par de nombreux satellites. Ce qui laisse penser – nous allons y revenir- que si l’avion s’était écrasé dans cette zone là, il aurait été déjà retrouvé.

EXASPÉRATION

Autre certitude, la confirmation de plus en plus flagrante des limites de capacité d’enquête des autorités de Malaisie.

Il faut voir chaque point de presse tenu par les responsables du pays. Ils y passent plus de temps à assurer le public qu’ils ne cachent rien et que tout est fait pour donner au plus vite une réponse aux familles toujours dans l’angoisse.

En réalité, sur le terrain, la collaboration entre le Vietnam et la Malaisie s’effectue dans la douleur. Aujourd’hui, en coulisses, la Maison-Blanche, mais aussi les enquêteurs français, ont fait savoir leur exaspération face aux erreurs répétées des Malaisiens.

Deux exemples expliquent la perte de patience des « partenaires » malaisiens.

Ainsi, depuis samedi, les Malaisiens détenaient la preuve du changement de cap de l’avion une fois disparu des radars civils. Ces signaux, recueillis par un radar militaire, n’ont été confiés aux enquêteurs qu’il y a deux jours.

Autre cafouillage, rendu public aujourd’hui, le temps mis à partager avec les Américains l’existence de signaux ACARS (Aircraft Communications Addressing and Reporting System) envoyés automatiquement par plusieurs engins à bord.

Selon des proches de l’enquête, la Malaisie disposait de ces données cruciales (qui démontreraient que l’avion a continué à voler au moins quatre heures après sa disparition des radars) depuis dimanche, mais les aurait partagées seulement dans la journée de mercredi.

Bien entendu, le délai à donner ces informations, à les analyser correctement, est un frein à l’enquête et aux opérations de recherche.

Mais il ne faut pas forcément y voir une intention cachée et secrète de la Malaisie. Du côté des enquêteurs américains, on estime que ce délai est du à la confusion qui règne sur place.

Mais aussi à l’absence de structure adéquate.

En effet, la Malaisie ne dispose pas d’un bureau permanent d’enquête où le personnel est formé à avoir les bons réflexes. Ainsi, des informations qui pourraient être capitales sont traitées par des agents sans l’expérience nécessaire pour les hiérarchiser correctement. Il ne faut pas non plus oublier la crainte de mal faire ou de révéler que tel ou tel service n’a pas fait son boulot.

ACCIDENT

Depuis la disparition du MH370, les services américains ont un certain nombre de certitudes. Et ces certitudes permettent aux milieux proches de l’enquête de considérer sérieusement deux hypothèses.

Et depuis hier, une plus que l’autre.

Premier élément, les Américains n’ont jamais vraiment cru à l’hypothèse de l’explosion d’une bombe ou d’une collision en vol avec un autre avion. Ces éléments auraient du apparaître sur les relevés de surveillance photographique et audio de leurs satellites espions. Ce qui n’est pas le cas.

Mieux encore, les Américains, grâce à leur réseau de satellites U.S. Space Based Infrared System (SBIRS), disposent d’un système pouvant détecter les signatures thermiques en temps direct. En cas d’explosion d’un avion, SBIRS communique immédiatement les coordonnées et son image thermique. Ce qui n’a pas été le cas dans le cadre de la disparition du vol MH370

Dans le même esprit, les Américains ont toujours été prudents au sujet de l’hypothèse d’une défaillance mécanique subite et d’un écrasement dans l’océan. Et ce, avant les expéditions sur place et les photos satellite chinoises.

Pourquoi? Parce que le temps de sa chute, le vol MH370 aurait du envoyer une trentaine de signaux différents. Ce fut le cas par exemple lors de l’écrasement du vol Rio-Paris, où 29 signaux de défaillance avaient été envoyés dans la dernière minute avant de s’abimer. Là, rien.

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Tag(s) : #MH370, #MalaysianAirlines, #Actualité