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Gaza, Syrie, Lybie, Irak, Ukraine… cinq perles de sang

Lorsque le colonel Kadhafi menaça les révoltés de Benghazi d’un “bain de sang”, le Conseil de Sécurité vota une Résolution instituant une zone d’exclusion aérienne. L’interdiction de vol se transforma rapidement en destruction au sol des forces terrestres. Le bain de sang étant passé du côté démocratique, nul ne pipa. À l’heure actuelle dans Tripoli la guerre civile fait rage, tout baigne !

Plus près de nous, le président ukrainien Porochenko fait pilonner les villes rebelles de l’Est, sans aucune réaction internationale. Toutefois l’on sait qu’au Donbass les morts civils sont particulièrement nombreux, broyés sous leur maison, déchiquetés par les obus. Mais nulle image des carnages et des corps mutilés ne vient intempestivement troubler la torpeur estivale et les retransmissions du Tour de France. Quelques esprits chagrins demanderont néanmoins pourquoi certains journalistes sont assez casse-cou pour rejoindre les théâtres de guerre syriens en franchissant illégalement les frontières du Liban ou de la Turquie, mais ne se risquent pas dans les régions disputées du nord-est de l’Ukraine ?

Les indépendantistes russophones seraient-ils moins intéressants que les mercenaires ou les djihadistes du Front syrien al-Nosra ? Certes les insurgés luttant contre le régime laïque de Damas sont des rebelles plus fréquentables que ces russophones ukrainiens, suppôts de l’odieux Poutine, lequel n’aime ni les “Pussy Riot” ni les manifestations ostentatoires de la gay pride. L’affaire est entendue, les gens du Donbass ont ce qu’ils méritent, c’est-à-dire pas plus que le minimum syndical de temps d’antenne.

Or sur le terrain les choses se dégradent de façon alarmante. En bombardant à outrance les villes et les villages sous prétexte d’en chasser les indépendantistes, l’objectif de Kiev est clair : faire fuir la population, en priorité de l’autre côté de la frontière, en Russie.

Nous avons là une opération d’épuration ethnique qui ne dit pas son nom, et cela dans le silence médiatique le plus total. But annexe, provoquer la Russie, la pousser à la faute par des tirs meurtriers qui touchent des villages frontaliers. Si Moscou tombait dans le piège et réagissait, il serait alors loisible à Kiev d’en appeler à l’Otan. À l’Ouest la Russie étant systématiquement dénigrée voire diabolisée, la bataille de l’opinion est d’ores et déjà gagnée d’avance. Dans la tiédeur d’août une brève mais brutale confrontation pourrait en fait bien passer presque inaperçue. Moscou vouée alors à l’opprobre international et l’Ukraine débarrassée de ses Russes, pourrait se pacser en toute sérénité à l’Union… et à l’Otan.

Si Poutine renâcle devant le piège tendu, il se condamne à l’attentisme et à voir les combattants de la République de Donetsk – bastion de résistance d’un million de personnes – se faire décimer sans recevoir l’aide extérieure qu’elle attend désespérément. Mais ce serait une terrible perte de crédit pour Poutine !

In fine, entre l’action intrusive, le casus belli indiscutable et le non-agir il existe une troisième voie… maintes fois empruntée par les occidentalistes, celle de frappes ciblées. Pas d’engagement au sol mais de sévères rappels à l’ordre, des coups de semonces, bref des signaux forts envoyés à ceux qui se pensent inaccessibles parce qu’adossés à la toute puissance coercitive de l’espace euratlantique. C’est cette voie que le Kremlin vient sans doute de suivre ce 14 juillet en abattant à haute altitude un chasseur-bombardier ukrainien. Chose impossible pour des missiles tactiques sol-air.

À Moscou l’on ne se gêne d’ailleurs pas pour dire que si Israël se voit reconnaître le droit de se défendre en étrillant Gaza, la Russie peut faire de même ! À ce titre la peur vient peut-être de changer de camp.

Source: BOULEVARD VOLTAIRE

Photo: Un militant pro-russe au checkpoint de Marinka, à 25 km à l'ouest de Donetsk, le 15 juillet 2014 | Dominique Faget

Tag(s) : #Ukraine, #Russie, #Poutine, #International, #Lybie, #Actualité, #Gaza, #Irak