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Bruxelles - Les 28 Etats membres de l'UE ont trouvé jeudi un accord pour durcir leurs sanctions économiques contre la Russie, prévoyant une levée ultérieure si le plan de paix entre Kiev et les séparatistes pro-russes se concrétise, a-t-on appris de sources européennes.

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, doit expliquer dans la journée dans une déclaration cette décision, prise pour maintenir la pression sur Moscou en dépit d'une amorce de détente sur le terrain, a ajouté une source.

Cette déclaration dira qu'à la lumière des développements sur le terrain, le paquet de sanctions peut être réexaminé, a indiqué une autre source. Elle précisera aussi que les 28 se livreront d'ici fin septembre à une revue exhaustive de la mise en oeuvre du plan de paix en Ukraine, a-t-elle ajouté.

Ces mesures, dont le détail ne doit être connu qu'avec leur publication vendredi au Journal officiel de l'UE, valant entrée en vigueur, avaient été adoptées formellement lundi soir, mais les Etats peinaient à s'entendre sur le timing de leur déclenchement.

L'enjeu était de réussir un mix bien équilibré entre la pression qui doit être maintenue et la nécessité de ne pas se faire prendre au piège d'un durcissement à contre-temps, a expliqué un diplomate.

La chancelière allemande Angela Merkel avait appelé mercredi à une mise en oeuvre maintenant, une position également affichée par la Lituanie, et soutenue par la France.

Mais la ministre italienne des Affaires étrangères, Federica Mogherini, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, avait jugé qu'il était avant tout sage de trouver une unité. Il faut un consensus maximal pour que chacun se sente à l'aise et puisse soutenir les conséquences des sanctions, avait plaidé Mme Mogherini, la future chef de la diplomatie européenne.

Plusieurs pays, dont la Slovaquie, la République Tchèque et la Hongrie étaient au départ réticents au durcissement des sanctions, au vu notamment de leurs retombées économiques.

Les ambassadeurs des 28 pays de l'UE avaient repris leurs discussions jeudi matin, faute d'avoir pu s'entendre lors d'un premier round mercredi.

Le principe de ces nouvelles mesures avait été décidé par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE le 30 août après une escalade dans l'est de l'Ukraine marquée par l'entrée de forces russes. Depuis, un cessez-le-feu a été conclu entre Kiev et les séparatistes pro-russes, globalement respecté selon l'Ukraine.

Les nouvelles sanctions doivent notamment restreindre l'accès aux marchés des capitaux pour les grandes compagnies pétrolières russes Rosneft et Transneft, ainsi que pour la branche pétrolière du géant gazier Gazprom.

Elles doivent aussi ajouter quelques dizaines de noms à la centaine de personnalités russes et ukrainiennes prorusses objets de sanctions ciblées, gel des avoirs et interdiction de voyager.

Parallèlement à ce tour de vis, l'UE poursuit ses contacts avec Kiev et Moscou, pour oeuvrer à une détente et garantir cet hiver son approvisionnement en gaz russe transitant par l'Ukraine. Une réunion ministérielle tripartite visant à dissiper les craintes russes sur les retombées de l'accord d'association conclu entre Kiev et Bruxelles fin juin doit se tenir vendredi à Bruxelles. Cet accord doit être prochainement ratifié par le Parlement ukrainien.

De son côté, le commissaire à l'Energie, Gunther Oettinger, a invité ses homologues russe et ukrainien le 20 septembre à Berlin pour une autre réunion visant cette fois à régler le contentieux gazier entre Moscou et Kiev.


(©AFP / 11 septembre 2014 14h14)
Tag(s) : #Europe, #Russie, #Ukraine, #Actualité